Les Carnets Lozériens
Le Père siffleur
Pour pas cher Milan , c’est royal Apparemment, la « Lozère » n’en revient pas d’avoir pu être présente durant 15 jours à l’exposition universelle de Milan. Pour preuve, le dossier du dernier Couleurs Lozère est consacré à la présence lozérienne via « son agriculture, sa gastronomie et ses métiers d’art ». « La Lozère, invitée surprise à Milan », tel est le titre du dossier de ce numéro automnal. On peut penser qu’il y avait sans doute des dossiers plus urgents à traiter comme, au hasard Balthazar : l’impact de la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République) sur le fonctionnement à venir du Département au sein d’une grande Région basée à Toulouse, le projet de refonte de la loi Montagne (puisque Mme Pantel vient d’être élue au Conseil National de la Montagne), un premier bilan de la saison touristique, etc. etc. Bref, tout le monde il est content d’être allé à Milano pour la modique somme de 9000 euros – au lieu de 50 000 euros est-il doctement précisé. C’est… royal et d’autant plus pertinent que le thème de ladite Expo était : « Nourrir la planète, une énergie pour la vie ». Il est évident que le département des sources s’inscrit au cœur de la cible thématique. Précisons que cette manifestation qui ressemble à une gigantesque foire au tourisme regroupe 140 pays ; elle a été fréquentée par 2 millions de visiteurs soit 1 visiteur sur 10 au Pavillon France pour 10 minutes de présence en moyenne. Ah oui, le pavillon France occupait le créneau entre le Saint-Siège et l’Italie. Sachant que les métiers d’art étaient surtout incarnés par des Cévenol(e)s, il n’y a néanmoins pas eu d’affrontements huguenots/cathos !
Indemnités des élus Petite opération cosmétique au conseil départemental Attention, changement de gouvernance oblige, la nouvelle majorité départementale a décidé de réaliser des économies substantielles (c'est le cas de l'écrire) sur les indemnités des élus - défende de rire mais on peut sourire... En effet, dans un grand souci populaire, les conseillers départementaux ont accepté de voir leurs indemnités mensuelles amputées de 7%. Mais dans sa communicatin le conseil départemental oublie de rendre public le montant des dits "salaires" (eh oui, en France, la politique est un "métier"). Un conseil départemental lambda touche donc 1170 euros net par mois; avec l'application des moins 7% cela donne 1088 euros . Un conseiller membre de la commission permanente touche 1287 euros net par mois, moins 7% celui lui fait 1197 euros . Un vice-président (7 en Lozère) affiche 1639 euros soit avec les moins 7 % 1515 euros . Enfin, l'indemnité d'un président de conseil départemental est la même quel que soit le nombre d'habitants du département, sachant que les chiffres ci-dessus s'appliquent à des départements dont la population est inférieure à 200 000 habitants. Donc, la présidente du CD Lozère touche 4244 euro s net par mois, moins 7% soit 3947 euros. Alors ces fameux moins 7% permettent d'économiser 383 171 euros sur six ans (durée de la mandature) soit 63 861 euros par an. Par ailleurs, le Département dépense 475 000 euros pour accueillir le Tour de France cycliste, sans compter les frais de goudron (350 000 euros) et de personnel (mobilisation des agents pour le week-end). En deux jours, la collectivité crame deux fois le "bénéfice" de la baisse de l'indemnité des élus ! Cela dit en passant, 7% c'est mesquin, pourquoi ne pas choisir 10%... Cette arithmétique cosmétique ubuesque prouve une nouvelle fois que la politique est décidément un monde sans intérêt, sauf pour ceux et celles qui en font leur métier...
Il semblerait qu’une armée de l’ombre version Terroriste menace l’ensemble du territoire national – « ils » sont partout, « ils » nous menacent tout le temps… Mais pas de panique, l’Etat est là, protecteur, dissuasif, répressif, du genre sinistre « Je suis partout ». M ais qu’en pensent les enfants, les jeunes, dans cette Lozère qui reste même inconnue aux yeux de nombreux Français ? Doit-on prendre ces « manœuvres militaires » comme un jeu, un divertissement, une parenthèse insolite dans l’emploi du temps scolaire ? Cela fait aussi penser à ces soldats qui investissent une petite ville pour y jouer à la guerre comme cela s’est produit plusieurs fois à Mende, la population devenant otage de ces jeux guerriers. O n hésite alors entre les qualificatifs : grotesque, démesuré, ridicule, abrutissant ? D’autres rétorqueront : justifié, nécessaire, pédagogique (ben voyons !), rassurant… E n tout cas, c’est pathétique voire tragiquement débilitant. Cette instillation de la peur, permanente et insidieuse, crée un climat malsain, même si la vie continue, normalement, partout, hormis en quelques mégapoles – voire… « S i vis pacem para bellum » et « panem and circenses » étaient les deux mamelles de la civilisation romaine. Rien n'a changé… sauf la mise en place de moyens de destruction massive – surtout de l’intelligence et de la lucidité.
Exercices en milieu scolaire La pathétique obsession sécuritaire… Dans le cadre des Rencontres de la Sécurité (sic), des exercices se sont déroulés le mardi 11 octobre 2016 dans des établissements scolaires de Langogne, à l’initiative des services de l’Etat, préfecture en tête. Encore une fois, l’obsession sécuritaire nourrit un climat anxiogène dans un pays « en état de guerre » comme le martèlent les « responsables » politiques. « A fin de renforcer l'efficacité des dispositifs opérationnels et faire face, en tout temps, aux phénomènes susceptibles de mettre en crise la société, l’entraînement est devenu une obligation permanente. » Tel est l’argumentaire officiel (on se croirait en Israël !) pour justifier un exercice qui a tout de la répétition d’un entraînement de guérilla urbaine. L a photo publiée par le quotidien local est édifiante : on voit une colonne de gendarmes casqués et armés dans la cour de récréation, à la queue-leu-leu (il y a même un chien, renifleur d’explosifs vraisemblablement), et en position pour pénétrer dans le bâtiment. L a mise en scène est allée loin puisqu’une simulation d’intrusion terroriste a été scénarisée…
C omme on peut le constater, l’imagination est au pouvoir et manifestement le Conseil département de la Lozère s’affirme heureux, satisfait de la démarche citoyenne et collaborative (et blablabla…) engagée par le peuple lozérien et ses élus. S atisfecit particulier : le Département n’a pas fait appel à des agences de communication et a ainsi réaliser des économies. Selon le vœu exprimé naturellement par la présidente de l’exécutif. « La Lozère, naturellement ! », c’est comme « Bon sang, mais c’est bien sûr » dans l’antique série télévisée « Les cinq dernières minutes ». Soit une évidence découverte à retardement mais une évidence. Enonce-t-on une évidence sans tomber dans le truisme !? L a Lozère méritait mieux, plus d’audace, de fantaisie. « Lozère, tu m’aères », « Lozère, terres d’exception », « Lozère, l’oxygène du Languedoc-Roussillon » incarnaient des formules originales en leur temps. P our information étymologique, il faut savoir que le mot « slogan » vient du gaélique signifiant « cri de guerre d’un clan ». « La Lozère, naturellement ! » en a oublié l’énergie… Pour en savoir plus sur la démarche départementale http://lozere.fr/un-nouveau-slogan-pour-la-lozere.html
La Lozère et son slogan Naturellement… banal Des mois de réflexions, macérations, brainstorming pour en arriver là… « La Lozère, naturellement ! » Il s’agit là d’un adverbe utilisé couramment à un point tel qu’il en est devenu banal – induisant parfois, au gré de la volonté de l’utilisateur, de la condescendance. L’ adverbe en question fait florès (fureur ?) dans le milieu des boutiques et produits Bio. Une marque de biscotte (Heudebert) l’utilise depuis belle lurette et la devise des Center parcs, au concept diamétralement opposé à l’éthique touristique ruralo-montagnarde, est « Se retrouver naturellement ». « N aturellement Nord » est le titre du magazine gratuit du département ch’ti et un livre de photos est baptisé « Naturellement Corrèze ».
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